Nate per Subire? Anche No

Feminism
…..Compagni e Polizia Fascisti Vi Spazzeremo via

A Eddi

Alle compagne

che non hanno mai smesso di lottare

anche in prigione

anche in ospedale psichiatrico

anche a letto

.

.

this is a man’s world, this is a man’s world
But it wouldn’t be nothing, nothing without a woman or a girl

You see, man made the cars to take us over the road
Man made the train to carry the heavy load
Man made electric light to take us out of the dark
Man made the boat for the water, like Noah made the ark

This is a man’s, man’s, man’s world
But it wouldn’t be nothing, nothing without a woman or a girl

Man thinks about our little bitty baby girls and our baby boys
Man made them happy, ’cause man made them toys
And after man make everything, everything he can
You know that man makes money, to buy from other manThis is a man’s world
But it wouldn’t be nothing, nothing, not one little thing, without a woman or a girl
He’s lost in the wilderness
He’s lost in bitterness, he’s lost lost

.non è tanto che le streghe son tornate…è che non sono mai andate via , aravate voi che non sapevate ascoltarle

.

Noi siamo quelle che a poker da sempre raddoppiano

Noi Siamo di Quelle

che precarie Oggi

Domarci è un Altro Giorno

Noi Siamo le nipoti

di quelle

che dicevano

« Ma Quando gli facciamo male pure noi ? »

Noi siamo di quelle

che

quando il gioco si fa duro

comincian

a giocare

Aldo Moro, la brigatista Balzerani: "Chi mi ospita per il 40ennale?" -  Corriere.it

Noi Siamo di quelle

che celere e polizia

un giorno vi spazzeremo via

Noi siamo di quelle che

« i beni comuni son cose da comunisti per bene »

Niente mazzette ma tante mazzate

che tanto

l’aria ce l’hanno levata

a suon di lacrimogeni

le botte

a suon

di

manganelli

noi siamo di quelle

che stringi i denti

ma di che ti lamenti

il mo lamento è universale

manco Giobbe un lamento com il mio

Noi siamo di Quelle

che

sono stanche di Abortire

la pillola

prenditela tu

noi siamo di quelle che

LAVORARE STANCA

QUINDI LAVORARE MAI

men che mai

per Julien Coupat

ma LOTTARE SEMPRE

con i compagni giusti però,

Noi siamo di quelle

che

a sbagliare

siamo bravissime da sole

quindi dei vostri saggi consigli

NON MERCI

Noi Siamo di Quelle

che sono stanche

di ascoltare,

di abbassare lo sguardo,

di essere pazienti,

o obbedienti,

che è la stessa cosa,

Noi siamo di quelle

che SPORGONO DENUNCIA CONTRO I COMPAGNI

CHE ZITTE MAI

che a quelli come voi

che mi parlano di Insurrezion

con una mano al core

l’altra al basso ventre

gli ridiamo in faccia

beffarde

noi NON SIAMO INFERMIERE

che accudire gli altri

manco per idea

Noi Non SIAMO RASSEGNATE

Nè nate

« consapovoli di essere una donna »

ma manco per idea

La Curiotià è Donna

Gli Eroi Siamo

Noi

Le Puttane di Garibaldi Centrale

Le Drogate di Via Nino Blixio

Le Compagne in carcere per un misero bancomat

Noi siamo quelle della

RIDECORAZIONE URBANA

lo rifamo ?

A VOGLIA

Noi Siamo Quelle

che

ve la cantano

e lo stornello

e pure in rima

Noi Vogliamo Tutto

la zuppa e il pan bagnato

la botte piena e il marito ubriaco

la rapina in banca

e l’amante libero,

veniamo

a prenderci

quello

che vogliamo

quando vogliamo

come

quando

diciamo

NOI.

Maschilisti autonomi antagonisti disobbedienti bianchi rossi e pallini fuori dai nostri squat

Feminism

To My Dear Sisters Christa Woolf and Susan (Taubes) Shakespeare

’cause you showed me the road when the Night was as black as coal,

To Tillie Olsen

‘cause you taught me the strength you need 

To get up from the bed and write,

To my mothers Laura Mulvey and Teresa De Lauretis,

’cause the male gaze is being transmuted

And we no longer need to destroy visual or other pleasures

To Clytemnestra

To Cassandra or Ophelia,

’cause we have stopped making dark prophecies

Or killing ourselves a long time ago

Nous sommes les Néréides, les filles imaginaires de Lilith, frappée de stérilité pour avoir chevauché le premier homme, les petites filles de Médée l’étrangère concoctant ses vengeances redoutables, les arrières petites filles de Didon l’heureuse, qui n’est plus en mal d’amour car, à son amant qui quittait son lit, elle a chuchoté avec joie « Vas-y ! », son règne devenant ainsi la terre du jazz et du libre amour.




Nous sommes les nièces des mad women in the attic, les filles des féministes italiennes des années ’70, ces mamans-lionnes qui mettaient des bombes dans les Palais et dans la Grammaire, ces arpenteuses de villes invisibles, de distances sidérales, de mondes que l’on n’osait même pas imaginer. Ces combattantes old style qui ont su transformer la taule en libre atelier d’écriture, plus et mieux que Blanqui au lendemain de la Commune.


Je suis un atome flottant de ce nous imaginaire.

Voudrais-je écrire de chez les Penthésilées ?

Penthésilée qui épargna la vie du Guerrier Vaincu, Achille, pour ce ton de gentillesse dans la voix de Thétis, sa mère, quand elle la supplia de le garder en vie malgré tout, car idéalement nous serions toutes reines des Amazones, clitoridiennes et irrévérencieuses.

Voudrais-je peindre de chez les Artemisias?

Artemisia qui transforma un viol subi à la fin de l’enfance en puissance créative.

Artemisia, fille du peintre Orazio Gentileschi, qui, pour la première fois dans l’histoire, défia les juges de notre bel paese en leur amenant son fiancée Agostino Tassi.

Pour le moment, la seule chose que je sais, c’est habiter chez celles qui prennent du plaisir, n’importe quand et avec n’importe qui puisse avoir l’astuce de capturer mon regard.

Et je peux faire cela avec joie, car, lorsque j’entre dans la danse, je ne me souviens même plus qu’autrefois cela était défendu.

Ce qui suit est une mise au point, car, plus que jamais, on a envie de construire des barricades, réelles et imaginaires, de mettre le feu aux banques comme aux fesses de ceux qu’autrefois on appelait « maîtres à penser ».

Deleuze disait qu’Artaud écrivait pour les analphabètes, pas à la place de, mais à leur intention, un peu, donc, de leur côté. Nous voudrions alors écrire pour ces sœurs que l’on ne connait pas encore : c’est à elles que vont nos rêves diurnes, notre imagination farfelue.

I« Et l’intelligence des femmes d’un autre âge est-elle sans ressembler à celle de nos amies ? »

I bis Nos amants ne sont plus des « hommes », cette forme de vie posthume dont les quelques survivants nous font désormais aussi mal que des chatouilles. Nos amants, d’une nuit ou de toujours, sont nos « sœurs » : complices et solidaires, très très vieux ou très très jeunes ; blancs, noirs, indigènes ou métèques, juifs aux traits palestiniens ou arabes aux visages ashkénaze, peu nous importe-t-il… car quand nous faisons l’amour avec eux le vent nous caresse la peau, l’orgasme de l’esprit s’additionne à la rencontre des corps, et, comme par hasard, il n’y plus ni d’esclaves ni de maîtres.



II Du mensonge comme arme.
« Le faux n’est pas une erreur ou une confusion, mais une puissance qui rende le vrai indécidable ». Nous avons menti. Nous avons menti avec joie et avec rire à nos propres sœurs, à nos propres amants. En le faisant, on pensait à ces après–midi passés ensemble à lire Agamben ou Deleuze, on voulait, d’une certaine façon faire un usage partisan de ces textes. Ou c’est sans doute plus simple. Nous avons menti car vous ne nous avez pas laissé le choix de faire autrement. Car, aussi, rien n’est plus honteux que la façon dont vous, les hommes, autrefois, vous rendiez vraie cette vieille phrase de Hobbes : Homo homini lupus.

II bis La science-fiction dystopique post-féministe is blooming everywhere again. L’image est pourtant la vraie clé de voûte du soulèvement à venir. L’image comme lieu principal du détournement, de l’indécidabilité, de la destitution. L’esthétique comme pratique de vérification : non plus l’idée molle d’un nouveau partage du sensible, mais l’idée forte d’une vie comme un jeu, d’un jeu comme vie. Car on devrait pouvoir dire à l’homme ou la femme que l’on désire « Veux-tu jouer le jeu? » sur le même ton avec lequel Elisabeth défie son frère dans Les Enfants Terribles de Melville/Cocteau. Et l’on devrait aussitôt pouvoir ajouter « Veux- tu rejoindre le Parti Imaginaire? » sans avoir peur de citer nos amours de jeunesse.

III Il y a vingt ans poussèrent comme champignons des petites congrégations anabaptistes en plein campagne. Ces kibboutz postmodernes, ces yéshiva de normaliens, qu’on avait nous-même contribué à créer, devinrent des nouvelles prisons à ciel ouvert, des hôpitaux psychiatriques plus durs que les vrais. Nos amants, nos pires ennemis. Certaines renouvelèrent l’acte de désertion. Mais ce qui avait marché une fois, ne marche pas deux fois. Car même si l’on quitte un lieu, dans notre esprit on continue d’y vivre, comme on continue d’aimer quelqu’un malgré son absence.



III bis Do you remember patriarchy ? No, I really don’t.
Le souvenir des années de captivité en Egypte se décolorèrent. Les gestes des meurtriers firent places aux soubresauts des libres penseurs. On apprit la danse contact aux violeurs et les jeunes filles en fleurs étaient partout.

ש En quittant ces lieux, on savait que l’on quittait le mieux, et que le reste, ce monde que nous voulions tellement déserter, avait très peu à nous offrir. Quelqu’un en partant dit : il n’y a pas de place pour une femme ici. Une autre répliqua : il n’y a rien de pire que des femmes qui reproduisent une façon masculine de faire politique. Une troisième aurait voulu que l’art et la révolution marchent main dans la main, comme deux amies qui se sont connues et qui ne peuvent plus se quitter. Sa voix était trop faible à l’époque pour qu’elle puisse être écoutée.

V Toute assignation d’identité finit par être police des conduites. Cela vaut pour les féminismes identitaires, c’est vrai : l’objection est pourtant mal posée car la pensée de ces derniers a été appauvrie et déformée en France.

L’intersectionnalité relève une coïncidence de plusieurs conditions de subordination dans un même corps, et appelle un croisement des chemins. Mais on ne converge pas par bout, par intermittence. On ne veut pas juste se croiser dans la route, on veut être radicales, c’est-à-dire, tout simplement, prendre les choses par la racine.

V bis The Black Woman was born ready. She had it in their African Blood.

The American White Bourgeois Woman was born fucked twice. When she stopped believing in Cinderella she thought a little place next to the Big Shots was good enough. One sold herself for almost nothing. A quick blowjob under the table was the price for a seat at that same table. However, another, almost by mistake, noticed the Indian Servant washing the dishes, and recognized the toil of her great great grandma. Immediately, instead of looking at her with the condescension of an ivory princess toward a matt slave, she took to truly admiring her best ally.

The Maghreb Muslim Woman, like her sisters in Sarajevo, was sometime born from rape, a domestic rather than an ethnic one though. Harsh fact to deal with. Bruises still painful ; they had somehow managed to pass down the umbilical cord. Too beautiful to be looked at, someone said. Especially the Lebanese ones on the other side of the shore. But the more rebellious at the dawn of Revolution. Like her Kurdistani Cousins so brave and tough, men got pale when they came across them.

The Ashkenazi Jewish Woman was born poor from having been too rich. Well-read and extremely deft, she decided to do the only rightful thing to do ;- retie connection with the hidden tradition, the one of her ancestors, lost between Bund Members killed in Stalinist pogroms, and anarchist conspirators wondering Eastern Russia…

The Native America Women was born cleverer than Mother Nature. She knew it better ’cause many men had she cured, rocking them with soft voice, so as to set free their weakness and secrets



א Exactement car nous comprenons trop bien le ressentiment de Jean Améry, nous pratiquons un usage nietzschéen de l’oubli, nous admirons la force que Marguerite donna à Robert Antelme à la sortie des camps, et avec lui embrassons le libre jeu de la potentia sentiendi



V Si on s’amuse pas c’est pas ma révolution

Quelques années plus tard, Eureka ! L’on comprit que femme seule est femme faible, que tisser des alliances sacrés avec d’autres compagnes de route était non seulement nécessaire, non seulement émancipateur, mais surtout réjouissant. Il nous faut des liaisons bâtardes, des noces contre-nature. Rivolta Femminile parlait de sororité. La solution est sans doute quelque part par-là : une bienveillance qui refuse d’exploiter la faiblesse de l’autre pour gagner « une bataille politique », une éthique qui part de nos formes de vie, et pas le contraire.

6 « A chaque fois que la femme se montre en tant qu’éternelle ironie de la communauté nous reconnaissons l’émergence de la position féministe » (Carla Lonzi, Nous Crachons sur Hegel). Puisque nous croyons qu’il y a un devenir femme du bloom, n’importe qui peut faire acte de parrhèsia : même le meneur, même un homme, malgré le fait que personne ne l’accusera d’être hystérique !

6 bis To my partners-in-crimes, à ceux avec qui nous prendrons les armes

Dear Lovers, commencez à écrire dans une langue mineure, comme un juif tchèque écrit en allemand, ou comme un Ouzbek écris en russe. Bégayer dans sa propre langue, disaient les tontons. Vous verrez : non seulement c’est plus amusant, mais prendre congé de vous-même va vous soulager énormément.

ל « Former des phrases grammaticalement correctes, est, pour l’individu normal, le préalable de toute soumission sociale » (Milleplateaux). Continuer à vivre, écrire, penser, faire de la politique comme des hommes-grégaires prisonniers de la dialectique hégélienne, est, pour une femme, préalable à toute perversion suicidaire.




9 « Vous désirez un maître », dit Lacan en ouverture de son intervention à Vincennes. « Non, tu nous diras plus quelle forme ont mes désirs » répondirent quelques-unes. Et ce jour-là, sans doute, le mouton se transforma en gazelle.

9 bis Surely, any reader will know how to write it better than me…